Non Homologué


COMPTE PAS SUR MOI
(J-J. Goldman)

Oublier d'où je viens, ma mémoire et les miens
Non, non, non, non, non
Endosser pour faire bien les nouveaux liens communs
Non, non, non, non, non
Penser qu'on a moins tort quand on hurle plus fort
Non, non, non, non, non

Oh t'en trouveras des tas pour chanter ces choses là
Alors, compte pas trop sur moi
Compte pas sur moi

Des scandales en gros plan sur l'empire de mes sens
Non, non, non, non, non
Des jurons, des slogans, toutes ces fausses insolences
Non, non, non, non, non
Des looks, ces uniformes qui font marcher au pas
Non, non, non, non, non

Y'en a des biens plus gros, des biens plus "respectables"
Moins ringards et rétros, des biens plus présentables
Qui visiblement parlent à la postérité
Loin de mon éphémère et ma futilité
Des grands, des créateurs, avec une majuscule
Loin de tout quotidien, sans le moindre calcul !
Les rockers engagés sont nos derniers des justes
Ils nous sauvent peut-être pendant qu'on s'amuse

De médailles en pseudo respectabilité
Non, non, non, non, non
Me baisser pour quelques caresses autorisées
Non, non, non, non, non
Quand la partie sera finie, tirer les pénalties
Non, non, non, non, non

Des comme ça, t'en trouveras
Juré, t'en manqueras pas
Alors compte pas trop sur moi
Compte pas sur moi
Compte pas sur moi
Compte pas sur moi


JE TE DONNE
(J-J. Goldman / M. Jones)

I can give you a voice, bred with rhythm and soul
From the heart of a Welsh boy who's lost his home
Put it in harmony let the words ring
Carry your thoughts in the songs we sing

Je te donne mes notes, je te donne mes mots
Quand ta voix les emporte à ton propre tempo
Une épaule fragile et solide à la fois
Ce que j'imagine et ce que je crois

Je te donne toutes mes différences
Tous ces défauts qui sont autant de chances
On sera jamais des "standards,"
des gens bien comme il faut
Je te donne ce que j'ai, ce que je vaux

I can give you the force of my ancestral pride
The will to go on when I'm hurt deep inside
Whatever the feeling whatever the way
It helps me go on from day to day

Je te donne nos doutes et notre indicible espoir
Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire
Nos filles sont brunes et l'on parle un peu fort
Et l'humour et l'amour sont nos trésors

Je te donne toutes mes différences ...

Je te donne, donne, donne ce que je suis

I can give you my voice bred with rhythm and soul
Je te donne mes notes je te donne ma voix
The songs that I love and the stories I've told
Ce que j'imagine et ce que je crois
I can make you feel good even when I'm down
Les raisons qui me portent et ce stupide espoir
My force is a platform that you can climb on
Une épaule fragile et forte à la fois

Je te donne, je te donne
Tout ce que je vaux, ce que je suis,
mes dons mes défauts
Mes plus belles chances, mes différences
(Ad Lib)


FAMILLE
(J-J. Goldman)

Et crever le silence
Quand c'est à toi que je pense
Je suis loin de tes mains
Loin de toi, loin des tiens
Mais tout ça n'a pas d'importance

J'connais pas ta maison
Ni ta ville, ni ton nom
Pauvre, riche ou batard
Blanc, tout noir ou bizarre
Je reconnais ton regard

Et tu cherches une image
Et tu cherches un endroit
Où je dérive parfois

Tu es de ma famille,
De mon ordre et de mon rang
Celle que j'ai choisie
Celle que je ressens
Dans cette armée de simples gens

Tu es de ma famille
Bien plus que celle du sang
Des poignées de secondes
Dans cet étrange monde
Qu'il te protège s'il entend

Tu sais pas bien où tu vas
Ni bien comment ni pourquoi
Tu crois pas à grand chose
Ni tout gris, ni tout rose
Mais ce que tu crois, c'est à toi

T'es du parti des perdants
Consciemment, viscéralement
Et tu regardes en bas
Mais tu tomberas pas
Tant qu'on aura besoin de toi

Et tu prends les bonheurs
Comme grains de raisin
Petits bouts de petits riens

Tu es de ma famille ...

Tu es de ma famille, tu es de ma famille
Du même rang, de même vent
Tu es de ma famille, tu es de ma famille
Même habitant du même temps
Tu es de ma famille, tu es de ma famille
Croisons nos vies de temps en temps


LA VIE PAR PROCURATION
(J-J. Goldman)

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons
Elle vit sa vie par procuration
Devant son poste de télévision

Levée sans réveil
Avec le soleil
Sans bruit, sans angoisse
La journée se passe
Repasser, poussière
Y'a toujours à faire
Repas solitaires
En point de repère

La maison si nette
Qu'elle en est suspecte
Comme tous ces endroits
Où l'on ne vit pas
Les êtres ont cédé
Perdu la bagarre
Les choses ont gagné
C'est leur territoire

Le temps qui nous casse
Ne la change pas
Les vivents se fanent
Mais les ombres, pas
Tout va, tout fonctionne
Sans but, sans pourquoi
D'hiver en automne
Ni fièvre, ni froid

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons
Elle vit sa vie par procuration
Devant son poste de télévision
Elle apprend dans la presse à scandale
La vie des autres qui s'étale

Mais finalement, de moins pire en banal
Elle finira par trouver ça normal
Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons

Des crèmes et des bains
Qui font la peau douce
Mais ça fait bien loin
Que personne ne la touche
Des mois, des années
Sans personne à aimer
Et jour après jour
L'oubli de l'amour

Ses rêves et désirs
Si sages et possibles
Sans cri, sans délire
Sans inadmissible
Sur dix ou vingt pages
De photos banales
Bilan sans mystère
D'années sans lumière

Elle met du vieux pain sur son balcon ...


PARLER D'MA VIE
(J-J. Goldman)

J'voulais t'parler d'ma vie, c'est rare quand ça m'arrive
Un moment suffira, y'a pas grand chose à dire
Passé trente ans et je sais, au moins j'imagine
Je n'aurai jamais mon nom dans les magazines

Vois-tu, je suis de ceux que la foule rassure
On ne peut être rien que parmi des milliers
"Has been" avant d'avoir été, c'est un peu dur
Ma vie tout l'monde aurait si bien pu s'en passer

Je te dis pas les peurs, les lueurs et les flammes
Je te dis pas le sang qui fait cogner le coeur
Je te dis pas ces moments si froids et si pâles
Et son visage qui justifiait mes heures

Je suis le cours des choses, je vais où l'on m'entraîne
Je suis de ces gens là qui ne choisissent pas
Tu peux bien penser que ces vies sont des vies vaines
Mais le hasard invente et colorie parfois
Quand je pense à tout ça, ça m'colle la migraine
Pourquoi vendre toujours quand y'a tant à donner
T'as beau m'expliquer qu'ça fait partie d'un système
Il me faut bien des pilules pour l'avaler

Je te dis pas les peurs ...


PAS TOI
(J-J. Goldman)

Graver l'écorce
Jusqu'à saigner
Clouer les portes
S'emprisonner

Vivre des songes
À trop veiller
Prier des ombres
Et tant marcher

J'ai beau me dire
Qu'il faut du temps
J'ai beau l'écrire
Si noir sur blanc
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t'efface
Je pense à toi

Passent les jours
Vides sillons
Dans la raison
mais sans amour

Passe ma chance
Tournent les vents
Reste l'absence
Obstinément

J'ai beau me dire
Que c'est comme ça
Que sans vieillir
On n'oublie pas
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t'efface
Je pense à toi
Et quoi que j'apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi

Y'a pas de haine
Y'a pas de roi
Ni dieu, ni chaîne
Qu'on ne combat
Mais que faut-il
Quelle puissance ?
Quelle arme brise
L'indifférence ?

Oh, c'est pas juste
C'est mal écrit
Comme une injure
Plus qu'un mépris
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t'efface
Je pense à toi
Et quoi que j'apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi ... et pas toi


BIENVENUE SUR MON BOULEVARD
(J-J. Goldman)

J'ai rencontré des mecs qui changeaient de costard
D'après l'cours du kopeck ou celui du dollar

Des monstres dégoutants, des crapauds pleins de bave
Écroulés de rire en contemplant d'autres épaves

J'ai vu des femmes et des enfants, les yeux tardés, tout noirs
Perdus et pourant si sûrs d'eux, bizarre, bizarre

Des gigots qui gigotent et des clodos qui mégotent
Des musiciens qui jouent toujours la même note

Je les ai rencontrés un soir
Dans ma vie, ma rue, au hasard
Ils sont restés dans ma mémoire
Chacun rangé dans son tiroir

Bienvenue sur mon boulevard
Quand vient la nuit, quand ma raison s'égare
Ombres paumées, recalés de l'espoir
Compagnons du blues et du dérisoire
Oubliés dans les moments de candeur
Vous revenez dès que j'ai mal au coeur
Partager mes faiblesses et mes erreurs
Vous êtes un peu de mes amarres, un peu de mon histoire
Bienvenue sur mon boulevard
Quand vient la nuit, quand ma raison s'égare

J'ai vu des vermeils et des bleus, des vertes et des biens mures
Des muets mauvais qui écrivaient sur les murs

Les filles étaient de joie, les hommes étaient de peine
Point commun : dans leurs yeux c'est bien la même haine

Des révolutionnaires qui voulaient remplacer
Les méfaits de leurs pères par leurs propres excés.


ELLE ATTEND
(J-J. Goldman)

Elle attend que le monde change
Elle attend que changent les temps
Elle attend que ce monde étrange
Se perde et que tournent les vents
Inexorablement, elle attend

Elle attend que l'horizon bouge
Elle attend que changent les gens
Elle attend comme un coup de foudre
Le règne des anges innocents
Inexorablement, elle attend

Elle attend que la grande roue tourne
Tournent les aiguilles du temps
Elle attend sans se résoudre
En frottant ses couverts en argent
Inexorablement, elle attend

Et elle regarde des images
Et lit des histoires d'avant
D'honneur et de grands équipages
Ou les bons sont habillés de blanc
Et elle s'invente des voyages
Entre un fauteuil et un divan
D'eau de rose et de passion sage
Aussi purs que ces vieux romans
Aussi grands que celui qu'elle attend

Elle attend que le monde change
Elle attend que changent les temps
Elle attend que ce monde étrange
Se perdre et que tournent les vents
Inexorablement, elle attend


DÉLIRES SCHIZO MANIACO PSYCHOTIQUES
(J-J. Goldman)

J'ai lavé des voitures et ciré des chaussures
Et plus tout ca brillait plus moi je m'encrassais

J'ai connu bien des filles accueillantes et gentilles
Mais jamais qui ne soient tout ca rien que pour moi

J'demande pourtant pas des millions
Une femme, un boulot, une maison
Pardonnez les rêves hystériques
De mes délires schizo maniaco psychotiques

Y'a des enfants qui dansent et d'autres sans enfance
Ca m'empêche pas de dormir mais parfois j'y pense

Demain t'aurais raison, mais aujourd'hui t'as tort
Ca dépend des saisons, de l'endroit, du plus fort

Il parait qu'on est des milliards
À s'ignorer dans ce bazar
Mais comment trouver l'identique
À mes délires schizo maniaco psychotiques

Quelqu'un quelque part...

Les calmants les infirmeries sont les mêmes dans tous les pays
Trouver l'être et l'endroit critique
À mes délires schizo maniaco psychotiques

Pourquoi noyer tout ca dans l'alcool ou l'éther
Quand on voit, y'a de quoi se resservir un verre

Tant de grands sentiments, de colloques en séance
Pour souffler tant de vent, une telle impuissance

Je renonce à tout héritage
Du raisonnable scientifique
J'aime autant rester dans la cage
De mes délires schizo maniaco psychotiques


JE MARCHE SEUL
(J-J. Goldman)

Comme un bateau dérive
Sans but et sans mobile
Je marche dans la ville
Tout seul et anonyme

La ville et ses pièges
Ce sont mes privilèges
Je suis riche de ça
Mais ça ne s'achète pas

Et j'm'en fous, j'm'en fous de tout
De ces chaînes qui pendent à nos cous
J'm'enfuis, j'oublie
Je m'offre une parenthèse, un sursis

Je marche seul
Dans les rues qui se donnent
Et la nuit me pardonne, je marche seul
En oubliant les heures
Je marche seul
Sans témoin, sans personne
Que mes pas qui résonnent, je marche seul
Acteur et voyeur

Se rencontrer, séduire
Quand la nuit fait des siennes
Promettre sans le dire
Juste des yeux qui traînent

Oh, quand la vie s'obstine
En ces heures assassines
Je suis riche de ça
Mais ça ne s'achète pas

Et j'm'en fous, j'm'en fous de tout
De ces chaînes qui pendent à nos cous
J 'm'enfuis, j'oublie
Je m'offre une parenthèse, un sursis

Je marche seul
Quand ma vie déraisonne
Quand l'envie m'abandonne
Je marche seul
Pour me noyer d'ailleurs

Je marche seul...


CONFIDENTIEL
(J-J. Goldman)

Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront près de moi, sur mon chemin

Te dire que c'était pour de vrai
Tout c' qu'on s'est dit, tout c' qu'on a fait
Q 'c'était pas pour de faux, que c'était bien

Faut surtout jamais regretter
Même si ca fait mal, c'est gagné
Tous ces moments, tous ces mêmes matins

J'vais pas te dire qu'faut pas pleurer
Y'a vraiment pas d quoi s'en priver
Et tout c 'qu'on n'a pas loupé, le valait bien

Peut-être on se retrouvera
Peut-être que peut-être pas
Mais sache qu'ici-bas, je suis là.

Ca restera comme une lumière
Qui m'tiendra chaud dans mes hivers
Un petit feu de toi qui s'éteint pas.

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